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Schneider Electric rachète PTC pour 22,6 milliards de dollars
Le 5 octobre 2026, Schneider Electric a annoncé le rachat de l’éditeur américain PTC (Creo, Onshape, Windchill) pour 205 $ par action, soit 22,6 milliards de dollars. Logique, prix, chute en Bourse, CFIUS et effets pour les clients.

Le 5 octobre 2026, Schneider Electric a signé un accord pour racheter l’éditeur américain PTC, 205 $ par action, en numéraire. Le montant atteint environ 22,6 milliards de dollars (20,1 milliards d’euros), et 23,7 milliards dette comprise, selon le communiqué de Schneider Electric (ouvre se.com dans un nouvel onglet). La prime atteint 42,3 % sur le dernier cours de clôture de PTC. Euronews (ouvre euronews.com dans un nouvel onglet) la présente comme la plus grosse acquisition de l’histoire du groupe français.
Info
Contrôle du 6 octobre 2026. Sources primaires lues : communiqué de Schneider Electric (ouvre se.com dans un nouvel onglet), déclaration 8-K de PTC à la SEC (ouvre sec.gov dans un nouvel onglet), communiqué joint déposé par PTC (ouvre sec.gov dans un nouvel onglet). Presse : Euronews (ouvre euronews.com dans un nouvel onglet). Non confirmé : le cours de clôture de Schneider le 5 octobre, le rôle futur de la direction de PTC, tout changement de prix ou de licence.
Ce que Schneider achète
PTC, basé à Boston, compte plus de 7 000 salariés et 30 000 clients. Il vend des logiciels pour concevoir et suivre des produits industriels complexes : la CAO (conception assistée par ordinateur) avec Creo et Onshape, sa version dans le navigateur ; le PLM (gestion du cycle de vie du produit) avec Windchill et Arena ; Codebeamer pour le logiciel embarqué ; ServiceMax et Servigistics pour la maintenance et les pièces détachées.
L’Internet des objets ne fait plus partie du lot : PTC a finalisé le 16 mars 2026 (ouvre sec.gov dans un nouvel onglet) la vente de ThingWorx et Kepware au fonds TPG. Selon Schneider, PTC a réalisé 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, hors ces deux activités.
La logique : de la conception à l’usine en marche

Crédit : PTC (ouvre ptc.com dans un nouvel onglet), visuel officiel du site.
Schneider possède déjà AVEVA, dont les logiciels pilotent usines et infrastructures, et attend le feu vert pour racheter Cognite, spécialiste norvégien de la donnée industrielle. Ces outils servent quand l’usine tourne. PTC apporte l’amont : les plans et les données d’ingénierie. Le groupe parle de « fil numérique », c’est-à-dire suivre les données d’un produit depuis sa conception jusqu’à sa maintenance. Il veut en nourrir des agents d’IA industriels.
Schneider vise 250 millions d’euros d’économies annuelles d’ici la troisième année, et environ 800 millions d’euros de ventes supplémentaires. Logiciels et services pèseraient alors 24 % de ses ventes.
Le prix, la Bourse et les autorisations
Le financement passe par un prêt relais, puis par 5 à 6 milliards d’euros d’actions nouvelles et 16 à 17 milliards d’euros de dette. Les rachats d’actions seraient suspendus en 2027 et 2028. La valeur d’entreprise retenue représente 21 fois le résultat d’exploitation ajusté attendu de PTC en 2027, selon Schneider.
L’action Schneider reculait de plus de 9 % en matinée à Paris, rapporte Euronews. Le média cite Jefferies : la peur de l’IA a fait chuter la valeur des éditeurs, ce qui rend PTC moins cher, mais pourrait aussi peser sur Schneider.
La clôture est visée au troisième trimestre 2027. Il faut l’accord de la majorité des actionnaires de PTC, le feu vert antitrust américain et celui du CFIUS, le comité qui contrôle les investissements étrangers aux États-Unis, d’après la déclaration 8-K (ouvre sec.gov dans un nouvel onglet). Si PTC se désiste au profit d’une meilleure offre, il devra verser 700 millions de dollars à Schneider.
Ce que ça change pour les clients de PTC
Rien dans l’immédiat : les deux sociétés restent indépendantes jusqu’à la clôture, puis PTC deviendra une filiale à 100 % de Schneider. Aucune annonce ne porte sur les prix, les licences ou la feuille de route de Creo, Onshape ou Windchill, en France comme ailleurs.
Notre lecture (analyse). Le pari est cohérent : Schneider veut maîtriser la donnée du produit, du plan à l’exploitation, y compris dans les data centers qu’il équipe déjà. Mais Schneider paie cher, au moment où les marchés doutent des éditeurs face à l’IA. Le CFIUS rendra aussi son avis sur des logiciels utilisés par l’industrie américaine. Pour les clients, le vrai test viendra après 2027 : savoir si Schneider garde l’ouverture promise envers les autres fournisseurs.
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