Retour
Menu des articles24

News · Logiciel

GPT-6 Astra et un radio allemand de 1918

Le 17 septembre 2026, un hobbyiste dit qu’Astra a lu un intercept ADFGVX de 1918 et recoupé HMS Canterbury à Sébastopol. Tom’s Hardware reprend le 19. Ce n’est pas une Enigma.

Par 19 septembre 20265 min de lecture0 vues
GPT-6 Astra et un radio allemand de 1918

Le 17 septembre 2026, un compte allemand, prinz (@deredleritt3r), a publié un fil : GPT-6 Astra aurait déchiffré une radio allemande de 1918 qui, « to my knowledge, has never been deciphered before ». Le clair, d’après lui :

« EIN ENGLISCHER KREUZER EINLIEG X SEWASTOPOL X S4STEN X EIN GESCHWADER DER X ALLIIERTEN FOLGT 26STEN X »

En français : un croiseur anglais est arrivé à Sébastopol le ?4, un escadron allié suit le 26. Astra aurait ensuite croisé les journaux de HMS Canterbury : arrivée à Sébastopol le 24 novembre 1918, escadron allié le 26. Tom’s Hardware a repris le 19 septembre. Le message figurait parmi une vingtaine de radios WWI encore listées dans un top 50 de chiffres non résolus.

Info

Contrôle du 19 septembre 2026. Source primaire : fil prinz / @deredleritt3r (ouvre x.com dans un nouvel onglet) du 17 septembre. Reprise : Tom’s Hardware (ouvre tomshardware.com dans un nouvel onglet) du 19 septembre. Image : intercept via scienceblogs.de / Tom’s. Ce n’est pas le message Enigma 1941 de Carter Leffen (Rosenow, 10 juillet 1941), autre affaire, même semaine. Le chiffre 1918 est un ADFGVX, bien documenté. Astra a appliqué une clé connue à un intercept resté non traduit. Pas un « casse » de type Enigma.

Un ADFGVX, pas une Enigma

ADFGVX est le chiffre de campagne de l’armée impériale allemande, fin 1914–1918 : un tableau 6×6 (lettres A, D, F, G, V, X) plus une transposition. Les Alliés l’ont déjà attaqué pendant la guerre. Ce n’est pas une machine à rotors. Un commentateur du fil le rappelle : « the cipher used is ADFGVX, a well-documented Imperial German Army field cipher […] so no wonder AI KNOWS how to decipher it. »

Ce que prinz revendique, plus étroit : cet intercept-là, dans cette liste d’unsolved, n’avait pas de clair publié. Astra aurait identifié la clé dans la littérature (l’histoire des chiffres militaires allemands de J. Rife / Childs, selon les reprises), produit le texte, puis cherché une corroboration — Canterbury, novembre 1918, mer Noire, quelques jours après l’armistice.

Le clair est plat. Pas de plan secret. Un croiseur anglais à Sébastopol, un escadron le 26. Les logs de Canterbury, d’après le fil, collent. C’est la partie la plus intéressante : pas le « craquage », la vérification croisée dans des archives que le modèle est allé chercher.

Ce qu’Astra a fait, d’après l’auteur

Le fil ne livre pas un dépôt de code. Il livre un récit : le modèle a proposé une clé déjà documentée, l’a testée sur ce message, a obtenu de l’allemand militaire avec des X de séparation, a traduit, a cherché un croiseur britannique à Sébastopol à ces dates, est tombé sur Canterbury. « A minor, but really cool result. » Douze mille likes plus tard, c’est devenu « GPT-6 casse un code de 108 ans ».

Tom’s Hardware est plus prudent dans le corps que dans le titre. « Apparently been deciphered. » « The developer who reckons they successfully decoded. » Le titre, lui, dit « for the first time ». On garde l’écart.

Un autre fil de la même semaine — Carter Leffen, Enigma armée 1941, 82 lettres, Rosenow, « Sofort Funkantwort » — est autre chose. Machine Enigma, cribs, 14,8 millions de clés, simulateur, dix heures. CryptoCellar a enregistré la solution. Ne pas fusionner les deux histoires : 1918 ≠ 1941, ADFGVX ≠ Enigma, prinz ≠ Leffen.

Visuel OpenAI GPT-6 Astra.

Crédit : OpenAI. Visuel d’annonce GPT-6 Astra, 3 septembre 2026.

Une démo d’agent, pas une révolution cryptographique

Si l’on retire le marketing, il reste un agent qui : lit un intercept, reconnaît une famille de chiffre enseignée, applique une clé de la littérature, produit un allemand plausible, va chercher un navire, trouve un log. C’est déjà beaucoup. Ce n’est pas « l’IA a vaincu un secret militaire impénétrable ». ADFGVX, en 2026, un cryptanalyste humain le traite. La nouveauté, c’est l’enchaînement autonome archives + clé + corroboration, en quelques heures de modèle, sur un item resté dans une liste d’unsolved par manque de temps humain, pas par absence de méthode.

Les limites, elles, sont celles de tout récit X. On n’a pas le transcript complet d’Astra. On n’a pas une revue par un service d’archives navales. On a un clair qui matche des logs connus, ce qui est déjà un test : un halluciné « HMS Dreadnought à Odessa le 12 » serait tombé. Canterbury le 24 et le 26, ça passe. Un commentateur a même recollé « 24STEN » là où le fil écrivait « S4STEN » — le chiffre douteux du 4, Astra l’avait marqué d’un point d’interrogation.

Pour Yatofix, on classe ça avec le Minecraft de Vals : un agent frontier qui va au bout d’une tâche longue, ici historique, et qu’il faut relire avec le type de chiffre sous les yeux. ADFGVX, 1918, Sébastopol, Canterbury. Pas Enigma. Pas 1941. Pas « never seen before » au sens de l’algorithme. Cet intercept-là, peut-être. C’est déjà une histoire. Ce n’est pas une machine de Turing cassée dans un garage.

Laisser un avis

Ta note :

Anti-robots : recopie le code

Avis des lecteurs

Pas encore de note. La première est pour toi.

Aucun avis publié pour le moment.

À lire aussi