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Les resets d’OpenAI sont des cadeaux empoisonnés

55 resets de quotas Codex recensés depuis septembre 2025, un tous les 6,9 jours. Ils réparent des bugs sans les chiffrer, décalent la semaine de l’abonné, servent d’argument de vente et ancrent une consommation que le forfait ne garantit pas. Ce qu’en dit la communauté.

Par 27 septembre 202610 min de lecture1 vue
Les resets d’OpenAI sont des cadeaux empoisonnés

Samedi 26 septembre 2026, 18:17 UTC. Thibault Sottiaux, patron de Codex chez OpenAI, poste une ligne : « Resets all propagated. That will be all. Have a fantastic weekend. » Quatorze mille likes. C’est le 55e reset de quotas recensé par codex-resets.com (ouvre codex-resets.com dans un nouvel onglet) depuis septembre 2025, soit un tous les 6,9 jours en moyenne. Un site entier existe pour répondre à une seule question : « Is it reset yet? »

Sur le moment, c’est un cadeau. Le compteur hebdomadaire repart à zéro, on relance ses agents. Mais à force de se répéter, le reset a changé de nature. Il répare des bugs sans les nommer. Il déplace la semaine de l’abonné. Il sert d’argument de vente. Et il habitue à une consommation que le forfait, lui, ne garantit pas. C’est ce que la communauté appelle, de plus en plus, un cadeau empoisonné.

Info

Contrôle du 27 septembre 2026. Règles officielles : How banked Codex resets work (ouvre help.openai.com dans un nouvel onglet), OpenAI Help Center, relu le 27. Tweets de Thibault Sottiaux vérifiés un par un (liens en sources). Tracker : codex-resets.com (ouvre codex-resets.com dans un nouvel onglet), non affilié à OpenAI. Citations Hacker News vérifiées mot pour mot ; Reddit n’a pas pu être consulté. On a déjà traité le compteur instable du Pro 20× : ici, on parle du reset lui-même.

Un reset tous les sept jours

Le tracker de codex-resets.com surveille le compte X de Sottiaux et archive chaque annonce. Au 27 septembre : 55 resets, un intervalle moyen de 6,9 jours, un plus long silence de 67,7 jours. Le rythme s’est emballé en 2026.

Les raisons données se rangent en deux familles.

Les resets de réparation. Le 1er avril, Sottiaux reset tout le monde parce que plus d’utilisateurs touchent la limite « since we don't fully understand why ». Le 23 mai, une optimisation du cache annulée faisait fondre les quotas. Fin juin, la « war room » : auto-review trop zélée, sous-agents, suggestions en double. Le 29 juillet, GPT-5.6 Sol consommait trop vite, avec cette phrase : « we have not reduced usage on any subscription plans ». Le 29 août, huit bugs de surconsommation corrigés, et la promesse d’un usage qui ira « between 10% and 50% further than before ».

Carte daily.dev reprenant le tweet de Thibault Sottiaux du 29 août 2026 : reset et correction de bugs de surconsommation.

Crédit : daily.dev (ouvre daily.dev dans un nouvel onglet), carte Open Graph du tweet de @thsottiaux (ouvre x.com dans un nouvel onglet), 29 août 2026.

Les resets de fête. Les 13, 14 et 16 juillet, un reset à chaque palier franchi : 7, 8 puis 9 millions d’utilisateurs actifs. Le 18 juillet, « Oops... I did it again ». Le 31 août, 25 millions d’utilisateurs actifs. Le 5 septembre, l’arrivée de GPT-6 Astra. Le 8, « All reset for everyone. Enjoy the week with Astra. » Le 22, la sortie de GPT-6 Sol et Luna, avec un reset en banque pour tous les Plus, Pro et Business. Le 26, encore un.

Lue d’un bloc, la chronologie dit une chose simple : quand le compteur déraille, OpenAI reset. Quand OpenAI lance, OpenAI reset. Le reset est devenu l’outil à tout faire de la relation client.

Ce que dit le règlement

Le Help Center d’OpenAI, mis à jour le 27 septembre, pose des règles nettes. Un reset en banque « is not purchased credit and does not permanently increase your plan’s usage limit ». Il s’agit de « promotional benefits ». Et surtout : « Future resets are not guaranteed. »

Deux clauses pèsent plus lourd qu’elles n’en ont l’air.

La première : utiliser un reset en banque déplace la semaine. L’exemple officiel : si votre compteur devait repartir le vendredi et que vous consommez un reset le mardi, la prochaine remise à zéro tombe « around the following Tuesday ». « You won’t also receive a weekly reset on the original Friday. » Autrement dit, le reset n’ajoute pas une semaine. Il avance la suivante et mange une partie de celle en cours.

La seconde : « Support does not provide manual or courtesy resets. » Pas de compensation si l’on n’était pas éligible, si l’on n’a pas vu le reset, ou si on l’a laissé expirer. Le seul geste commercial possible est donc celui qu’un employé décide de faire sur X, pour tout le monde en même temps.

Pourquoi « empoisonné »

Il masque le problème au lieu de le chiffrer

Chaque reset de réparation remplace un rapport d’incident. On apprend qu’il y avait un bug, rarement combien il a coûté à chacun. Le 29 août, OpenAI annonce 10 à 50 % d’usage en plus « depending on how you use Codex ». C’est aussi un aveu : pendant des semaines, les abonnés ont payé un forfait qui s’épuisait 10 à 50 % trop vite. Le reset efface l’ardoise sans la montrer.

Sur Hacker News, le 19 juillet, denysvitali le résume : « this is not a perk, it's damage control ». Trois mois plus tôt, le même utilisateur écrivait déjà qu’OpenAI « keeps on resetting the usage limits each time they fuck up ».

Il ancre une consommation que le forfait ne tient pas

Le reproche le plus fin vient de Lwrless, le 19 juillet : « Those resets […] are quietly anchoring me to a much higher usage baseline ». Un abonné Pro qui reçoit un reset toutes les semaines finit par caler son travail sur deux semaines de quota en une. Le jour où les resets s’espacent — le plus long silence recensé dure 67 jours — il découvre la taille réelle de son forfait.

JoheyDev888, le même jour : « These resets are a trap ». sebjones va plus loin : « When they win the market, we are going to be squeezed ».

Le précédent existe. À la mi-juillet, OpenAI avait retiré la limite de cinq heures pour Plus. Le 25 août, Sottiaux l’a rétablie (ouvre x.com dans un nouvel onglet), en expliquant qu’elle permet « to smoothen the load on our compute ». Quatre jours plus tôt, les abonnés avaient reçu un reset en banque pour fêter 20 millions d’utilisateurs. Le cadeau d’abord, le serrage ensuite.

Il rend le forfait impossible à planifier

Un reset tombe sans prévenir, souvent le soir ou le week-end, parfois deux fois dans la semaine. Celui qui venait de griller son reset en banque la veille d’un reset global a perdu le sien : le cas est documenté dans le ticket GitHub #36426 (ouvre github.com dans un nouvel onglet). Sur le forum OpenAI, un utilisateur réclame depuis juillet un jour de reset fixe (ouvre community.openai.com dans un nouvel onglet). Un autre compare le système à « a mysterious cave coupon ».

venzaspa, sur Hacker News le 25 août : « you can't plan your usage across the week ».

Il fonctionne comme une machine à sous

Le même fil du 25 août a trouvé les mots les plus durs. phyzome : « Such a casino vibe. » matheusmoreira : « It's the gacha of software development. » Le parallèle tient : une récompense aléatoire, annoncée par une personne, attendue au point qu’un site entier affiche un compte à rebours et propose des alertes par e-mail et Telegram.

Il sert d’argument de vente

Le 3 septembre, jour de sortie d’Astra, Sottiaux promet un reset en banque par jour d’attente et ajoute : « There is still time to create your account if you don't have one. » Le 5 : « If you create the account or upgrade before 8pm PT you will get it too. Still time! » Le Help Center confirme les heures limites : 22 h PT le 3, 20 h PT le 4. Le reset n’est plus une excuse. C’est une promotion avec une date d’expiration, pour recruter.

Ceux qui disent merci

Il serait malhonnête de ne citer que les critiques. Beaucoup d’abonnés prennent le reset pour ce qu’il est : du quota gratuit. bottlepalm, le 18 juillet : « I'm loving it, two Christmases!! » ssl-3 : « today, we have tokens to burn ». Sur le forum OpenAI, à la sortie des resets en banque en juin, mat.eo saluait « What an upgrade! Really great idea. »

Et OpenAI a un argument : aucun concurrent ne rembourse ses erreurs de compteur aussi vite, ni aussi publiquement. Anthropic, sur la même période, a surtout communiqué par la fin de son boost de quotas (on l’a raconté). Un reset annoncé sur X en quelques heures vaut mieux qu’un silence.

Attention

Faits : 55 resets recensés par un tracker non officiel ; règles du Help Center citées mot pour mot ; bugs de surconsommation reconnus par OpenAI en mai, juin, juillet et août 2026. Opinions : « piège », « casino », « ancrage » sont des lectures de la communauté, pas des intentions prouvées d’OpenAI. Rien ne montre que les resets soient planifiés pour précéder un durcissement ; la chronologie de fin août le suggère sans le démontrer.

Ce qu’il faudrait à la place

Le reset est une bonne réponse à un mauvais problème : un forfait dont le quota n’est ni publié en tokens ni garanti, et dont le compteur a déraillé plusieurs fois. Tant que la règle reste « des fourchettes, pas des plafonds », chaque reset sera à la fois un cadeau et un rappel que la règle ne tient pas seule.

Trois choses rendraient le cadeau inoffensif : un jour de reset hebdomadaire fixe, un historique de consommation exportable, et un rapport chiffré après chaque incident de compteur. Rien de tout ça n’existe au 27 septembre. En attendant, codex-resets.com continue de compter.

Sources

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