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Finlande : Google doit suspendre deux chantiers de data centers faute d'évaluation environnementale

L'autorité finlandaise LVV demande à Google d'arrêter avant le 23 octobre les travaux de ses data centers de Muhos et Kajaani : des centaines d'hectares de forêt ont été abattus avant la fin des évaluations d'impact. Google reconnaît un manquement.

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Finlande : Google doit suspendre deux chantiers de data centers faute d'évaluation environnementale

Le 6 octobre 2026, l'autorité finlandaise des permis et de la surveillance (Lupa- ja valvontavirasto, ou LVV) a demandé à Google de suspendre les travaux préparatoires de deux futurs data centers, à Muhos et à Kajaani, dans le nord du pays. Motif : les évaluations d'impact environnemental obligatoires ne sont pas terminées, alors que des centaines d'hectares de forêt ont déjà été abattus. CNBC (ouvre cnbc.com dans un nouvel onglet) a relayé l'affaire le 7 octobre.

Info

Contrôle du 8 octobre 2026. Sources primaires lues : communiqué de la LVV (ouvre lvv.fi dans un nouvel onglet) (en finnois), communiqué de Google Cloud du 9 septembre (ouvre googlecloudpresscorner.com dans un nouvel onglet), communiqué de Fortum (ouvre fortum.com dans un nouvel onglet). Presse : Yle (ouvre yle.fi dans un nouvel onglet), CNBC (ouvre cnbc.com dans un nouvel onglet), Al Jazeera (ouvre aljazeera.com dans un nouvel onglet). Non confirmé : la durée réelle de l'arrêt, la puissance électrique prévue sur chaque site et la réponse écrite de Google, attendue au plus tard le 14 octobre.

Ce que l'autorité exige

La demande vise Tuike Finland Oy, la filiale de Google qui porte les projets. Selon le communiqué de la LVV (ouvre lvv.fi dans un nouvel onglet), elle s'appuie sur la loi finlandaise sur l'évaluation des impacts environnementaux (procédure dite YVA). Google doit arrêter au plus tard le 23 octobre l'abattage d'arbres, le décapage des sols, les excavations, le concassage, les fossés et la création de routes de chantier. Les études, mesures et sondages de sol restent autorisés.

La société doit dire par écrit, avant le 14 octobre, si elle se conforme. Sinon, la LVV peut lancer une procédure de contrainte administrative, avec astreinte possible. D'après Yle (ouvre yle.fi dans un nouvel onglet), environ 330 hectares ont été déboisés à Muhos et un peu moins de 200 hectares à Otanmäki, près de Kajaani. Une responsable de la LVV y parle d'une mesure très exceptionnelle, prise notamment après des images de drone publiées dans la presse, et estime que la reprise pourrait prendre plusieurs mois.

Google reconnaît, auprès de CNBC (ouvre cnbc.com dans un nouvel onglet), ne pas avoir été à la hauteur de ses propres standards. L'entreprise dit avoir agi de bonne foi dans le cadre de la loi forestière, avoir mené des inventaires naturalistes et prévoit de replanter 130 hectares à Muhos. Elle indique qu'elle suivra les consignes de l'autorité.

Le plus gros investissement de Google en Europe

Carte de Google montrant ses quatre sites de data centers en Finlande : Muhos, Vaala, Kajaani et Hamina

Crédit : Google Data Centers (ouvre datacenters.google dans un nouvel onglet), carte des sites finlandais, page consultée le 8 octobre 2026.

Le 9 septembre, Google a annoncé au moins 13 milliards d'euros d'investissements en Finlande sur 2027 et 2028 (CNBC parle de 15 milliards de dollars). Le plan couvre quatre communes : Hamina, où Google exploite depuis 2009 une ancienne papeterie refroidie à l'eau de mer, puis Kajaani, Muhos et Vaala. Le même jour, Fortum (ouvre fortum.com dans un nouvel onglet) a signé avec Google un contrat d'achat d'électricité portant jusqu'à la moitié de la production de la centrale nucléaire de Loviisa, sur 22 ans.

Google met aussi en avant la récupération de la chaleur fatale, c'est-à-dire la chaleur rejetée par les serveurs. À Hamina, elle doit couvrir selon l'entreprise 80 % des besoins annuels du réseau de chauffage urbain.

Pourquoi la Finlande attire

Climat froid, électricité relativement abondante et bon marché, terrains disponibles : la Finlande est devenue une cible des hébergeurs géants. CNBC rapporte qu'on la surnomme le « Texas de l'Europe ». Selon Al Jazeera (ouvre aljazeera.com dans un nouvel onglet), des partis d'opposition réclament déjà des mesures contre les tensions sur le réseau et les prix de l'électricité. La même course à l'énergie pousse ailleurs des projets extrêmes, comme les 456 petits réacteurs de Valar Atomics dans l'Utah.

Pour l'utilisateur, rien ne change à court terme : aucun service Google n'est concerné en France ou dans l'UE.

Notre lecture

Analyse. Ce n'est pas un refus du projet, mais un rappel de l'ordre des étapes : évaluer d'abord, déboiser ensuite. Le signal compte pourtant au-delà de la Finlande. Les géants de l'IA veulent construire vite, et les procédures environnementales européennes deviennent un point de friction concret. On peut s'attendre à ce que d'autres autorités nordiques regardent de près les déboisements préalables. Le calendrier 2027-2028 de Google, lui, pourrait glisser de quelques mois, ce que l'entreprise n'a pas confirmé. Plus de contexte dans notre rubrique Data centers.

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